Thérapie sonore contre l’hyperacousie, une solution ?

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Vous vous sentez agressé par certains sons trop forts, vous fuyez les animations bruyantes comme la peste, vous avez régulièrement des acouphènes et il vous est déjà arrivé de rentrer chez vous ou d’abandonner une activité de loisir parce qu’elle vous “cassait” littéralement les oreilles ?

Si vous vous reconnaissez dans ces symptômes, alors, il n’est pas impossible que vous souffriez d’hyperacousie. Cette pathologie caractérisée par une hypersensibilité aux bruits et abaissant le seuil de tolérance sonore au point de rendre certains sons douloureux peut se révéler très handicapante au quotidien.

Mais si l’hyperacousie peut transformer la vie de ceux qui en sont victimes en un véritable enfer, il existe aujourd’hui des thérapies sonores permettant d’en diminuer les effets.
On fait le point.

L’hyperacousie, c’est quoi exactement ?

D’un point de vue médical, l’hyperacousie est une pathologie qui rendrait des sons jugés comme “normaux” insupportables, voire douloureux, à ceux qui les entendent. Elle peut ne durer que quelques semaines ou toute une vie, sans que l’on sache pourquoi.

Alors qu’une personne à l’audition dite “classique” trouvera les sons inconfortables aux alentours de 90 décibels et douloureux dès le seuil des 120 dB, un individu hyperacousique pourra en souffrir dès 60 dB.

Rires, bruits de moteurs, sonneries de téléphone ou encore aboiements sont autant de sons qui vont causer un grand inconfort aux personnes hypersensibles au bruit et les empêcher de mener une vie normale ou de profiter de certains moments.

De plus, cette pathologie est souvent accompagnée d’acouphènes qui viennent parasiter les moments de calme ou les conversations de manière intempestive, privant ceux qui en sont victimes d’un sommeil reposant ou de leur capacité de concentration.

Si cette maladie est souvent mal connue et provoque l’incompréhension de l’entourage, allant parfois jusqu’à un grand isolement de la personne touchée, sachez qu’il existe des solutions, au moins partielles, pour tenter de faire disparaître les symptômes.

Quelles en sont les causes ?

Si des lésions de l’oreille interne sont souvent considérées comme une cause possible de l’hyperacousie, les traumatismes acoustiques ne sont pas les seuls agents potentiels de cette pathologie.

Bien sûr, l’exposition à des son forts et répétés comme de la musique ou des explosions peuvent favoriser cette maladie, mais dans la plupart des cas, son origine comme sa durée est inconnue.

Il est à noter également qu’une hypersensibilité au bruit entre dans les symptômes d’autres troubles tels que l’autisme ou apparaît parfois dans des cas de grande fatigue. Pensez donc à éliminer ces pistes avec l’aide de votre médecin avant de chercher à la guérir par d’autres moyens.

Quelles sont les solutions ?

Protection contre les bruits forts

Le premier réflexe en cas d’hyperacousie est de se protéger des bruits et de privilégier les endroits calmes pour permettre à son système auditif de récupérer. Mais attention, qui dit calme ne veut pas dire privation sensorielle, qui pourrait aggraver les symptômes et les acouphènes en raison du peu de sollicitation des oreilles. Protégez-vous des sons trop forts donc, mais sans exagérer.

Désensibilisation sonore

La désensibilisation sonore est une des méthodes les plus employées pour diminuer les effets de l’hyperacousie. Également appelée thérapie d’habituation, elle effectue un travail sur les plans émotionnels et sonores afin d’aider les personnes à mieux tolérer certains sons.

Thérapie sonore et thérapie émotionnelle

La thérapie sonore utilise un bruit blanc de large spectre qui détournera l’attention des potentiels acouphènes. En effet, le bruit blanc continu permet de diminuer le contraste entre le son de l’acouphène et le bruit ambiant, diminuant la gêne au quotidien en mélangeant les sons. Elle va également travailler sur une “rééducation sonore” qui devra réétalonner la sensibilité aux intensités sonores du système auditif.

En jouant avec un environnement sonore agrémenté de bruits faibles et isolés, on va petit à petit augmenter le volume du bruit de fond afin d’entraîner l’oreille à détecter les différents sons, tout en améliorant son seuil de tolérance. Très progressive, cette méthode permet d’habituer l’oreille et l’attention à différencier les sons sans être débordées par le volume sonore.

La thérapie émotionnelle effectuée en parallèle va quant à elle s’attacher à démystifier l’hyperacousie et diminuer les peurs qui l’accompagnent. En supprimant la peur, on peut ainsi parfois diminuer l’intensité des symptômes et augmenter la réceptivité de la personne au traitement tout en lui permettant de revenir progressivement à des activités sociales dont elle aurait pu s’isoler.

En plus d’améliorer le moral, elle permet, sur le plan mental, d’apprendre au patient à mieux filtrer et identifier les sons, une action rendue difficile par l’hyperacousie qui épuise ceux qu’elle touche et les pousse à fuir les situations trop douloureuses. Une réaction normale, mais qui prive l’oreille d’entraînement et peut encore aggraver l’inconfort en diminuant davantage le seuil de tolérance.

L’appareil auditif

Enfin, lorsque l’hyperacousie s’accompagne d’une perte auditive, le recours à un appareil auditif est parfois nécessaire pour diminuer les acouphènes et permettre à la personne d’entendre plus confortablement.